Londres teste les robotaxis, mais bloque encore le vrai saut
Londres sert de test grandeur nature pour Uber et Wayve. Depuis le 3 septembre 2026, 15 Ford Mustang Mach-E électriques circulent dans la capitale britannique avec un système de conduite autonome et un conducteur superviseur à bord. Le service passe par l’application Uber, mais il ne fonctionne pas encore sans humain prêt à reprendre la main.
Le point sensible n’est plus seulement la technique. L’article d’Autocar publié le 19 octobre met en avant deux sujets très concrets pour la ville : les cas limites, quand le système interprète mal un obstacle ou une scène de circulation, et l’effet d’une flotte de robotaxis sur une voirie déjà dense.
Un exemple cité dans les retours d’usage parle d’un véhicule arrêté derrière une voiture garée en plein milieu de la route à Whitehall, que le système a d’abord prise pour un véhicule dans une file. Le superviseur a dû reprendre le contrôle. Pour les opérateurs comme pour les régulateurs, ces épisodes comptent autant que les kilomètres parcourus sans incident : c’est là que se joue la confiance avant une montée en charge.
La suite dépend aussi d’un verrou administratif. Au Royaume-Uni, le cadre des automated passenger services a été accéléré en juin 2025, puis les demandes ont été ouvertes le 22 mai 2026. Mais tant qu’aucune autorisation nationale supplémentaire n’est délivrée, un superviseur doit rester dans chaque voiture. À Londres, TfL garde aussi un rôle clé dans l’accord local.
Le dossier pose enfin une question souvent absente du débat public : combien de voitures en plus pour combien de passagers transportés. Adam Tranter, ancien commissaire vélo et marche du West Midlands, rappelle que Londres affiche en moyenne 1,2 occupant par voiture, et que les robotaxis peuvent rouler à vide une partie du temps. Si l’occupation reste faible, le service ajoute des véhicules sans augmenter fortement le nombre de passagers transportés.
Pour Wayve, l’argument inverse tient dans l’apprentissage du système et dans une meilleure mutualisation des trajets. Mais à Londres, le débat reste simple : la sécurité sur les cas extrêmes et l’impact réel sur la circulation comptent désormais autant que la promesse technologique.