Toyota pousse Bruxelles à créer la catégorie VEEF
Toyota a demandé le 16 octobre à Bruxelles de créer une catégorie VEEF, pour « Vehicles running Exclusively on Eligible Fuels », afin de traiter des voitures thermiques alimentées par carburants renouvelables comme des véhicules zéro émission dans les règles européennes. Le constructeur lie cette demande à la directive RED III et à une idée simple : la preuve d’usage du carburant doit compter autant que la motorisation elle-même.
L’argument vise un point précis du débat réglementaire. Si l’UE ouvre ce statut, l’accès aux incitations publiques ne dépendra plus seulement du fait d’avoir une batterie, mais aussi de la capacité à prouver que le véhicule roule bien avec un carburant admissible. Toyota ne parle donc pas d’une tolérance technique, mais d’un classement officiel avec effets fiscaux et commerciaux.
Le constructeur appuie cette demande sur un pilote lancé le 15 juillet en Espagne avec BMW, Bosch et Repsol. Environ 20 véhicules roulent pendant six mois avec de l’essence 100 % renouvelable Nexa 95, avec traçabilité numérique assurée par Bosch. Toyota veut montrer qu’un carburant de ce type peut passer par le réseau existant, sans modifier les voitures ni construire une nouvelle infrastructure de charge ou de distribution.
Le dossier va plus loin que le seul argument climat. Toyota avance qu’il existe assez de biomasse en Europe pour faire rouler 300 millions de voitures thermiques jusqu’en 2040, et demande que ce potentiel entre dans le calcul réglementaire. Le constructeur ajoute une barrière technique : un véhicule VEEF devrait être empêché de rouler à l’essence classique, probablement via une détection de la buse lors du remplissage. La preuve ne porterait donc plus seulement sur l’énergie utilisée, mais aussi sur l’impossibilité d’un plein non conforme.
Dans le même temps, le rappel de sécurité publié par Volkswagen au Royaume-Uni rappelle qu’un sujet batterie peut devenir un sujet d’exploitation et d’assurance très concret. Sur certaines ID.3, ID.4 et ID.7, le constructeur a signalé un risque de surchauffe au-delà de 80 % de charge, avec contrôle des batteries, limitation temporaire de la charge, puis inspection et remplacement si besoin. Pour PureEV, les deux dossiers parlent de la même chose : le marché paie désormais la preuve, pas la promesse.
Sources : Toyota Media, Toyota Newsroom Europe, Volkswagen UK