CATL vise 1 000 km et change le test du camion électrique
CATL a présenté le 14 septembre à Hanovre sa batterie TECTRANS II pour poids lourds électriques, avec une autonomie maximale annoncée de 1 000 km, une recharge à 80 % en 25 minutes et une durée de vie donnée pour 12 ans ou 1,5 million de km. L’annonce, reprise le 18 septembre par Automobile Propre, compte surtout pour son impact sur l’exploitation des camions, pas seulement pour sa fiche technique.
Si ce niveau d’autonomie se confirme en usage réel, le transporteur n’a plus à organiser le trajet autour d’un arrêt intermédiaire systématique. Cela change la planification des itinéraires, car une partie des liaisons longue distance peut se faire avec une seule fenêtre de recharge, souvent au dépôt ou sur un point mieux choisi dans le cycle d’exploitation.
Le point sensible reste la preuve. CATL ne donne pas la capacité batterie nécessaire pour atteindre 1 000 km, ni les conditions exactes de calcul de l’autonomie. Sans charge utile, vitesse moyenne, relief et température, le chiffre reste difficile à comparer à une tournée réelle. Pour un exploitant, la question n’est pas seulement “combien de kilomètres”, mais “avec quelle charge, sur quel axe et avec quelle immobilisation du véhicule”.
La promesse a aussi un effet direct sur le maillage de recharge. Plus l’autonomie grimpe, moins le réseau a besoin de points très rapprochés sur un corridor donné, mais plus les sites restants doivent délivrer vite et tenir des puissances élevées. Le débat se déplace donc vers la densité utile des bornes, la durée d’arrêt acceptable et le coût total au kilomètre, car chaque arrêt supprimé retire du temps improductif à la flotte.
CATL ne part pas de zéro sur ce segment. En 2024, le groupe avait déjà lancé sa première génération TECTRANS à l’IAA Transportation, avec une version long range annoncée à 800 km et 1 000 kWh, puis une version superfast charging donnée pour 500 km et 70 % de charge en 15 minutes. La nouvelle mouture monte d’un cran sur l’autonomie annoncée et sur la vitesse de recharge mise en avant.
Le constructeur chinois pousse aussi un argument d’usage industriel : 170 Wh/kg de densité énergétique annoncée, rendement aller-retour de 96 % et gain de charge utile estimé à environ 0,6 tonne à capacité équivalente. Pour les transporteurs, c’est ce trio autonomie-recharge-durée de vie qui compte, car il conditionne le coût d’exploitation et la disponibilité des camions sur les longues liaisons.
Sources : CATL ; Automobile Propre