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Uber et Pony.ai visent 2 000 robotaxis en Europe

Plus de 2 000 robotaxis annoncés dans 5 villes européennes : Uber et Pony.ai semblent changer de rythme en partant de Zagreb, où un service commercial existe déjà. L’enjeu n’est plus de montrer une navette autonome sur quelques boucles fermées, mais d’organiser une extension multi-villes avec une offre utilisable par le public.

De Zagreb à cinq villes : le passage à l’échelle

L’information publiée le 14 août par CnEVPost parle d’un plan d’extension au-delà de Zagreb, avec quatre villes européennes supplémentaires et un total de plus de 2 000 robotaxis. À ce stade, la source ouverte la plus solide reste toutefois le lancement commercial annoncé le 8 avril 2026 à Zagreb par Pony.ai, Uber et Verne.

Ce point compte. Zagreb sert de base de départ, pas de simple démonstrateur. Le service y a été présenté comme commercial, avec une zone d’exploitation d’environ 90 km² dans le centre élargi de la ville, et une distribution via l’app Verne puis via Uber « prochainement ». L’annonce du 14 août, si elle est confirmée par un communiqué direct, prolonge donc une implantation déjà en service.

Le changement porte surtout sur la géographie. Une flotte autonome prend une autre dimension quand elle doit fonctionner dans plusieurs villes, avec des règles locales, des attentes différentes et des équipes d’exploitation à coordonner. Le chiffre de 2 000 véhicules ne dit pas seulement la taille du parc : il indique aussi que le dossier sort du cadre d’une phase d’essai courte.

Uber cherche une flotte, Pony.ai cherche des villes

Le montage repose sur trois rôles distincts. Uber apporte la demande, l’application et la distribution. Pony.ai fournit la technologie de conduite et la flotte. Verne porte la conformité réglementaire et l’intégration locale en Europe.

Cette répartition change la lecture du partenariat. Uber ne construit pas seul son robotaxi ; il s’adosse à un opérateur qui gère l’entrée sur le marché et à un fournisseur qui industrialise la conduite autonome. Pony.ai, de son côté, ne se contente pas d’exporter une technologie : le groupe trouve un canal d’accès à des passagers et à des marchés où l’ancrage local reste décisif.

Le 26 mars 2026, les trois sociétés avaient déjà annoncé une coopération stratégique pour lancer le premier service commercial de robotaxi en Europe. Elles parlaient alors d’essais sur route à Zagreb et d’une montée en charge vers « des milliers » de robotaxis dans les prochaines années. L’annonce du 14 août s’inscrit dans cette trajectoire, en donnant un volume et un périmètre plus larges.

Le dossier reste toutefois à confirmer sur un point central : les 2 000 robotaxis et les 5 villes viennent, ici, d’un article de presse relayant l’information, pas d’un communiqué direct recoupé dans les sources ouvertes disponibles. Pour un secteur où chaque mot compte, la différence entre projet annoncé et déploiement contractualisé reste importante.

Ce que l’Europe teste vraiment

La question n’est pas seulement de savoir si Uber et Pony.ai peuvent lancer un robotaxi dans une capitale européenne. La vraie question porte sur l’organisation d’un service répétable d’une ville à l’autre. Cela suppose des véhicules, mais aussi des procédures, des opérateurs terrain, une interface client, des autorisations, et une capacité à maintenir le service au quotidien.

Le cas de Zagreb montre déjà cette logique. L’Europe n’est plus traitée comme un simple terrain de validation technique, mais comme une zone où un service payant peut démarrer sous contrôle local. Si l’extension à cinq villes se confirme, le duo passera d’un premier point d’ancrage à une série d’implantations coordonnées.

Pour Uber, l’intérêt est clair : capter une offre autonome sans porter seul le risque industriel de la conduite. Pour Pony.ai, l’enjeu est d’installer sa technologie dans des marchés nouveaux sans reconstruire à chaque fois toute la chaîne d’accès au client. Verne, enfin, sert de relais opérationnel et réglementaire, ce qui devient indispensable dès que l’on sort d’un site unique.

Cette annonce prolonge donc le lancement de Zagreb, déjà couvert dans le secteur, mais avec un changement d’échelle qui compte davantage que le simple volume affiché. Si les prochains jalons confirment ce plan, l’Europe ne servira plus seulement à prouver qu’un robotaxi roule. Elle deviendra un terrain où l’on mesure combien de villes un même modèle peut servir en parallèle.