Stellantis perd du terrain en Europe malgré le rebond du marché électrique
Le patron de Stellantis Europe juge le marché européen « le plus difficile », citant marges faibles et régulation floue. Cette position intervient alors que le groupe voit sa part de marché globale reculer en 2025, malgré un rebond significatif des ventes de véhicules électriques en Europe après une année 2024 mitigée.
Le marché européen est « le plus difficile » pour les constructeurs, affirme Emanuele Cappellano, patron de Stellantis Europe. Marges sous pression par l’électrification, régulation floue : la visibilité manque. Cette déclaration de mai 2026 souligne les défis du géant automobile, mais contraste avec la réalité du marché.
Cette plainte coïncide pourtant avec une érosion de la position du groupe. La part de marché globale de Stellantis en Europe est passée de 17,1 % en 2024 à 16 % en 2025. Sur le segment des véhicules électriques (BEV), le constructeur a maintenu sa place sur le podium en 2024 avec 12,1 % des ventes. Mais cette performance s’est inscrite dans un marché alors en recul. Le groupe peine à suivre la cadence.
Le marché européen, un bouc émissaire ?
L’année 2024 a marqué un net ralentissement pour le véhicule électrique en Europe. Les ventes de BEV ont reculé de 5,9 % par rapport à 2023, à 1,45 million d’unités. La part de marché est tombée à 13,6 %. Cette contraction s’explique notamment par la suppression des subventions à l’achat en Allemagne, qui a provoqué une chute de 27,4 % des immatriculations dans le pays.
En 2025, la situation s’est nettement améliorée. La part de marché des voitures électriques a bondi à 19,5 % en Europe, avec 2,58 millions de véhicules vendus. Cette reprise s’est confirmée en février 2026 : le marché automobile européen a progressé de 1,9 %, porté par les motorisations électrifiées. Le constat de Stellantis en mai 2026 semble donc ignorer une tendance de fond plus favorable, où la demande repart.
Stratégie à bas coût : une réponse suffisante ?
Face à ces défis et à cette perception, Stellantis ajuste sa stratégie. Le groupe a annoncé en mai 2026 le développement d’une petite voiture électrique pour l’Europe, sous les 15 000 euros. Cette offensive répond à la pression concurrentielle sur les segments d’entrée de gamme, où la rentabilité reste un enjeu majeur. Stellantis vise également à doubler son offre de modèles tout électriques d’ici fin 2024.
La critique d’une réglementation européenne « pas encore définie » doit être nuancée. L’incertitude réglementaire peut freiner les investissements. Pourtant, d’autres acteurs se sont adaptés et ont gagné des parts de marché. La capacité à naviguer dans un environnement complexe, sans attendre une stabilité parfaite, s’impose comme un facteur de succès.
Le défi de Stellantis en Europe n’est pas une fatalité liée au marché, mais une question de positionnement et d’agilité stratégique. Le marché du véhicule électrique montre des signes de maturation et de reprise. La capacité du groupe à proposer une offre compétitive et adaptée aux attentes des consommateurs sera déterminante. L’offensive sur les petits modèles suffira-t-elle à inverser la tendance de sa part de marché ?
- Part de marché globale de Stellantis en Europe : 16 % en 2025, contre 17,1 % en 2024.
- Part de marché BEV de Stellantis en Europe : 12,1 % en 2024.
- Ventes de BEV en UE : -5,9 % en 2024, atteignant 1,45 million d’unités.
- Part de marché BEV en Europe : 19,5 % en 2025, avec 2,58 millions de ventes.
- Stellantis prévoit une petite voiture électrique sous les 15 000 euros pour l’Europe.
- Immatriculations BEV en Allemagne : -27,4 % en 2024 suite à la suppression des subventions.