Renault mise 10 milliards sur la cadence française
Renault a annoncé le 3 octobre qu’il investirait plus de 10 milliards d’euros en France sur cinq ans dans les véhicules électriques et des modèles plus abordables. Pour PureEV, le point clé n’est pas le montant seul : il faut lire ce plan comme une montée en cadence industrielle, avec un effet attendu sur les sites français, la sous-traitance et l’approvisionnement en pièces et cellules jusqu’en 2029.
Le groupe ne part pas de zéro. Le 10 juillet, Renault a dit avoir franchi le cap du million de véhicules électriques produits en France depuis 2010 et avoir engagé 13 milliards d’euros depuis 2021 pour transformer ses sites. Il vise aussi une hausse de plus de 25 % de sa production en France en 2026 par rapport à 2025, tirée par l’électrique. La question devient donc opérationnelle : quels modèles, quels volumes, et avec quelles batteries ?
Le calendrier industriel compte autant que la communication financière. Renault doit faire monter ses usines sans casser les coûts, ce qui suppose de sécuriser les fournisseurs d’équipements, les sous-traitants de rang 1 et 2, et les contrats de cellules. Sur les véhicules d’entrée de gamme, la pression est forte : chaque hausse de coût de conformité ou d’approvisionnement se répercute vite sur le prix final.
Cette annonce arrive alors que la demande existe déjà sur les grands marchés européens. Au Royaume-Uni, la SMMT a compté 99 199 voitures 100 % électriques immatriculées en septembre 2026, soit 28,3 % du marché mensuel. Le cumul annuel atteint 26,2 %, encore sous le niveau visé par le mandat 2026 évoqué par l’organisation. Le problème n’est donc pas seulement de vendre, mais de livrer des volumes avec les bons coûts et les bonnes chimies.
Le point de contrainte reste la batterie. L’Agence internationale de l’énergie indique que les producteurs chinois ont représenté presque 75 % des batteries pour voitures électriques en 2025, avec CATL en tête et BYD parmi les acteurs qui pèsent aussi sur le sodium-ion. Pour un constructeur qui veut produire davantage en France, la dépendance à cette base fournisseur pèse sur les prix, les délais et la conformité industrielle.
Sources : Le Monde, Renault Group, SMMT, IEA