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Polestar arrête la 2 au moment où le marché se durcit

Polestar a arrêté la production de la Polestar 2 à Luqiao, en Chine, après six ans de carrière et environ 200 000 ventes. Le dernier exemplaire est sorti de chaîne le 2 novembre 2026, selon les éléments relayés par Autocar. Le successeur doit arriver au début de 2027.

Cette sortie ne ressemble pas à une simple fin de cycle. Polestar organise un passage de relais alors que la 2 reste, pour l’instant, une pièce utile de sa trajectoire commerciale. La marque vise 100 000 ventes annuelles en fin de décennie, contre plus de 60 000 livraisons en 2025, et elle doit faire monter le prochain modèle sans casser sa base de revenus.

Polestar coupe la production, mais garde la pression sur les ventes

La décision de fermer la ligne de la 2 montre qu’un constructeur peut arrêter un modèle qui a porté la marque sans attendre qu’il s’épuise totalement. Polestar limite ainsi les coûts d’un programme ancien et libère de la place pour le futur modèle. Ce choix compte d’autant plus que la 2 restait encore un pilier de ses ventes sur certains marchés, notamment au Royaume-Uni, où elle représentait encore plus d’un tiers des ventes de la marque sur l’année en cours selon les informations reprises par Autocar.

Le sujet n’est donc pas seulement industriel. Il est aussi financier. Quand un modèle d’entrée ou de cœur de gamme continue à vendre, mais qu’il faut préparer son remplaçant, le constructeur arbitre entre marge, stock et calendrier produit. Polestar doit garder assez de voitures disponibles pour éviter un trou commercial, tout en arrêtant à temps un programme qui ne doit pas absorber trop de ressources avant le lancement du successeur.

La marque n’a pas choisi d’étirer la vie du modèle jusqu’à l’usure. Elle met en place une transition ordonnée, avec un stock qui peut encore servir le marché jusqu’à l’arrivée de la nouvelle génération. Dans ce type de passage, la gestion des stocks devient presque aussi importante que la présentation du futur véhicule.

Le prochain modèle doit porter la marche vers 100 000 unités

Polestar joue aussi sa crédibilité sur la montée en volume. Le successeur de la 2 doit prendre la place d’une voiture de lancement, mais dans un champ concurrentiel bien plus dense qu’en 2020. À l’époque, la comparaison la plus évidente passait par la Tesla Model 3. En 2026, la voiture devra affronter des rivales plus nombreuses, de BMW, Mercedes-Benz, Hyundai et BYD.

Le constructeur ne parle donc pas seulement d’un remplacement. Il prépare le modèle qui doit servir d’appui à son objectif de 100 000 ventes annuelles. C’est un seuil important : il impose de vendre plus, mais aussi de vendre mieux, avec une offre assez large pour tenir les volumes sans diluer la marge. La 2 a aidé Polestar à s’installer. Son successeur doit maintenant aider la marque à changer d’échelle.

Autocar rapporte que la nouvelle 2 doit arriver dans les premiers mois de 2027. Ce calendrier compte, car il crée une zone de transition entre l’arrêt de production et l’atterrissage commercial du nouveau modèle. Si le délai se tend, Polestar doit puiser davantage dans ses stocks et gérer plus finement ses immatriculations. Si le lancement se déroule vite, la marque peut relancer son offre d’accès sans laisser trop d’espace aux concurrents.

BYD et le leasing social rappellent que le volume ne vient pas seul

Au même moment, BYD a franchi en octobre un cap industriel lourd : 305 743 voitures électriques à batterie vendues en un mois, selon les chiffres publiés par le groupe et repris par Reuters. Le total des véhicules à énergie nouvelle est monté à 490 168 unités sur le mois. Pour l’Europe, le signal est clair : un acteur chinois peut pousser des volumes très élevés et exercer une pression continue sur les prix, les délais et les marges.

Ce type de performance ne se lit pas seulement comme une statistique de production. Il dit aussi que la concurrence ne se joue plus uniquement entre marques européennes et américaines. Un constructeur comme Polestar doit composer avec des rivaux capables de soutenir des volumes massifs, d’exporter et d’occuper plusieurs segments à la fois. Dans ce cadre, le futur de la 2 ne dépend pas seulement du dessin du produit, mais de la capacité de la marque à défendre sa place face à une offre plus dense et plus agressive.

En France, un autre signal casse l’idée d’une demande mécanique. Le leasing social 2026 a été ouvert avec un objectif minimal de 50 000 foyers modestes supplémentaires, mais le dernier chiffre public facilement vérifiable trouvé dans les sources ouvertes restait à 34 000 dossiers enregistrés au 22 septembre. Cela ne dit pas que le dispositif échoue. Cela montre que l’accès réel à l’électrique dépend aussi du niveau des loyers, de l’éligibilité et du rythme d’instruction des dossiers.

Autrement dit, les ventes ne suivent pas uniquement la courbe produit. Elles dépendent aussi de la solvabilité des ménages, des aides disponibles et de la vitesse à laquelle un constructeur peut transformer une nouveauté en commandes livrées. Pour Polestar, le vrai sujet du passage de la 2 à son successeur est là : produire le bon modèle, au bon moment, sans perdre le lien entre capacité industrielle et demande réelle.