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L’électrique atteint 28% des immatriculations en France malgré un marché en baisse

En janvier, les voitures électriques ont représenté 28 % des nouvelles immatriculations en France, alors que le marché global a reculé de 6,55 %.

Le marché automobile français a débuté 2026 avec un paradoxe : la part des voitures électriques augmente, mais le nombre total d’immatriculations diminue. En janvier, les véhicules électriques ont constitué 28 % des achats de voitures particulières neuves, un niveau inédit sur les deux dernières années, dans un marché qui s’est contracté de 6,55 % par rapport à janvier 2025.

Au total, 107 157 voitures particulières neuves ont été immatriculées le mois dernier, soit environ 7 500 véhicules de moins qu’un an plus tôt et près de 48 000 de moins qu’en janvier 2019, avant la crise sanitaire. La Plateforme automobile (PFA) souligne que ce niveau figure parmi les plus faibles observés pour un mois de janvier depuis quinze ans, hors la période des pénuries de semi‑conducteurs en 2022, qui avait limité l’offre.

Dans ce contexte, la dynamique électrique est fortement soutenue par les mécanismes d’incitation. Le leasing social, dispositif public d’accès à l’électrique, a particulièrement influencé le canal des particuliers en janvier et devrait continuer à soutenir les immatriculations sur le trimestre avant de s’atténuer. L’électrification des flottes d’entreprises alimente également la demande, dans un marché où le niveau des prix et l’attentisme des ménages restent des freins.

Côté modèles, les données compilées par AAA Data placent la Renault 5 en tête des immatriculations électriques sur le mois, devant la Renault Scenic et la Peugeot 208. Cette hiérarchie confirme la centralité des offres compactes et de milieu de gamme dans la progression du segment, alors que les arbitrages d’achat se durcissent dans un environnement toujours marqué par l’inflation et l’incertitude politique.

Sur le plan industriel, plusieurs signaux continuent de nourrir les tensions entre trajectoire réglementaire, équation économique et réalité commerciale. Mi‑janvier, le patron Europe de Stellantis, Emanuele Cappellano, a réaffirmé ne pas observer de « demande naturelle » pour l’électrique sans subventions ou baisses de prix absorbées par les constructeurs, ce qui pèse directement sur la rentabilité.

Le cadre européen évolue également. Mi‑décembre, l’Union européenne a renoncé à imposer un basculement intégral vers le tout‑électrique en 2035. Les constructeurs pourront continuer, après cette date, à vendre une part limitée de véhicules thermiques ou hybrides, à condition de respecter plusieurs exigences, dont des mécanismes de compensation des émissions de CO₂ liées à ces flexibilités.

Sur le plan concurrentiel, les performances de janvier illustrent un marché fragmenté et sensible aux portefeuilles produits. Stellantis recule de 2,7 % sur les voitures particulières neuves en France, avec Citroën en légère hausse (+2,8 %) et Peugeot en baisse plus marquée (-8,2 %). Le groupe Renault progresse de 1,1 %, porté par la marque Renault (+20,7 %), tandis que Dacia décroche fortement (-33,9 %). Toyota, troisième acteur du marché, recule de 15,5 %.

En toile de fond, le sujet des prix reste central. Les industriels rappellent que la hausse du prix global des voitures depuis 2019 ne traduit pas mécaniquement une hausse des marges, mais reflète l’augmentation du coût des équipements et du contenu technologique, dans un contexte de transition accélérée des gammes.

La combinaison d’un marché total en contraction et d’une part électrique dopée par les incitations reconfigure la lecture des volumes, des investissements et des capacités industrielles en France. Pour les constructeurs et leurs fournisseurs, l’enjeu porte autant sur la demande « autoportée » que sur la stabilité des dispositifs publics, tandis que l’ajustement européen sur 2035 introduit une nouvelle variable stratégique dans les plans produits, l’allocation de capital et la gestion des coûts de conformité CO₂.

Pourquoi c’est important
La combinaison d’un marché total en contraction et d’une part électrique dopée par les incitations reconfigure la lecture des volumes, des investissements et des capacités industrielles en France. Pour les constructeurs et leurs fournisseurs, l’enjeu porte autant sur la demande « autoportée » que sur la stabilité des dispositifs publics, tandis que l’ajustement européen sur 2035 introduit une nouvelle variable stratégique dans les plans produits, l’allocation de capital et la gestion des coûts de conformité CO₂.
À retenir

  • 107 157 immatriculations de voitures particulières neuves en janvier en France, en baisse de 6,55% sur un an.
  • Les électriques atteignent 28% du marché, un niveau record récent, porté par les aides et la montée en puissance des flottes.
  • Renault 5 en tête des immatriculations électriques, devant Renault Scenic et Peugeot 208 (AAA Data).
  • Évolutions contrastées des groupes : Renault +1,1% (marque Renault +20,7%, Dacia -33,9) ; Stellantis -2,7% ; Toyota -15,5%.
  • Le cadre UE s’assouplit : possibilité de maintenir une part limitée de thermiques/hybrides après 2035 sous conditions.

Source : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/la-part-des-voitures-electriques-au-plus-haut-en-france-dans-un-marche-deprime-260201