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La France prépare un plan d’électrification pour accélérer la décarbonation

Le gouvernement français lance des consultations pour établir un plan national d’électrification visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Le gouvernement ouvre une nouvelle séquence sur l’électrification de l’économie. Vendredi, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a annoncé le démarrage de consultations destinées à préparer un futur plan national que l’exécutif prévoit de présenter avant l’été, avec pour objectif d’accélérer la décarbonation.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement immédiat de la publication de la nouvelle feuille de route énergétique, qui fixe les objectifs de production par sources d’énergie pour la prochaine décennie. Le document réoriente la stratégie en donnant la priorité à l’électricité, pour réduire la dépendance française aux importations de gaz et de pétrole, chiffrées à 64 milliards d’euros en 2024.

Le pari intervient dans un contexte paradoxal : la consommation d’électricité en France reste stable, au niveau d’avant-Covid, alors que la trajectoire gouvernementale suppose une montée en puissance rapide des usages électriques. L’électrification visée concerne directement les secteurs aujourd’hui dominés par les combustibles fossiles : transports, bâtiments et industrie. Elle passe notamment par le véhicule électrique, les pompes à chaleur et des équipements industriels électrifiés, comme les fours.

Roland Lescure a indiqué qu’il réunira, dans les prochains jours et avec la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, les producteurs et fournisseurs d’électricité, les industriels, les gestionnaires de réseau et les représentants des consommateurs. L’objectif est de préciser les modalités opérationnelles et le calendrier, avec une séquence de groupes de travail prévue entre février et avril.

Le gouvernement envisage de présenter le plan en mai, selon la feuille de route énergétique, tout en maintenant l’échéance d’avant l’été. Ce calendrier est explicitement lié à l’agenda budgétaire : il doit permettre, si besoin, d’intégrer des mesures d’accompagnement dans le projet de loi de finances pour 2027.

Dans l’industrie, le ministre a mis en avant l’enjeu de la sidérurgie en citant ArcelorMittal, responsable de 13% des émissions de CO₂ de l’industrie française et engagé dans l’installation d’un four électrique. Les besoins électriques associés à une bascule plus large sont décrits comme massifs : si l’ensemble des fours d’Arcelor passaient à l’électrique, cela représenterait l’équivalent d’une demi-tranche nucléaire ou de centaines d’éoliennes en mer.

Côté mobilité, l’exécutif veut maintenir son soutien au véhicule électrique via le bonus écologique, le leasing social et des incitations au verdissement des flottes professionnelles. Le gouvernement projette 7 millions de voitures électriques en circulation en 2035, soit cinq fois plus qu’aujourd’hui. La demande électrique associée est illustrée par un ordre de grandeur : l’équivalent de 14 barrages pour les alimenter. Sur le marché, Roland Lescure a aussi avancé qu’en 2025, plus de 300 000 nouveaux véhicules électriques seront achetés en France, soit une hausse de 12% par rapport à 2024.

La séquence qui s’ouvre place au centre un arbitrage concret : synchroniser l’accélération des usages électriques avec la capacité de production, l’adaptation des réseaux et les mécanismes de financement, le tout sur fond de stratégie de souveraineté énergétique et de réduction de la facture fossile.

L’électrification devient l’outil principal pour réduire les importations de gaz et de pétrole, avec un enjeu direct sur la facture énergétique nationale. La trajectoire repose sur une hausse rapide de la demande électrique alors que la consommation stagne, ce qui met sous tension la planification industrielle et les infrastructures.

Les grands sites industriels électro-intensifs et le déploiement du véhicule électrique pèsent sur les besoins de capacité, rendant décisifs les choix d’investissement et d’accompagnement public avant le budget 2027.

Pourquoi c’est important
L’électrification devient l’outil principal de réduction des importations de gaz et pétrole, avec un enjeu direct sur la facture énergétique nationale. La trajectoire repose sur une hausse rapide de la demande électrique alors que la consommation stagne, ce qui met sous tension la planification industrielle et les infrastructures. Les grands sites industriels électro-intensifs et le déploiement du véhicule électrique pèsent sur les besoins de capacité, rendant décisifs les choix d’investissement et d’accompagnement public avant le budget 2027.
À retenir

  • Lancement de consultations multi-acteurs dans les prochains jours; groupes de travail entre février et avril.
  • Plan d’électrification annoncé pour mai ou, au plus tard, avant l’été, avec un possible relais dans la loi de finances 2027.
  • Priorité à l’industrie et à la mobilité : four électrique chez ArcelorMittal; maintien des dispositifs de soutien aux véhicules électriques.
  • Cibles affichées : 7 millions de voitures électriques en 2035; 300 000 achats de VE en 2025 (+12% sur un an).

Source : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/strategie-energetique-lancement-des-consultations-sur-le-plan-delectrification-260213