PureEV

Toutes les infos sur les véhicules électriques

RSS X

Actu

La décote des VE de luxe rebat les calculs des flottes

Les flottes qui ont misé sur des électriques de luxe voient remonter un risque simple : à la revente, ces modèles décrochent plus vite que leurs équivalents thermiques. Dans son suivi relayé le 20 octobre 2026, Brego mesure un écart moyen défavorable aux EV de 1,9 point à un an, 0,7 point à deux ans, 0,9 point à trois ans et 1,3 point à quatre ans.

Le cas le plus net concerne Mercedes. Sur l’échantillon suivi, la S-Class garde un avantage résiduel face à l’EQS qui va de 5,9 points à un an à 6,4 points à quatre ans. Volvo fait exception, avec un biais inverse en faveur de l’EX90 face au XC90, de 0,8 point à un an à 1,9 point à quatre ans.

Ce signal dépasse la seule comparaison entre deux badges. Il touche la chaîne d’achat des flottes, la profondeur du marché de seconde main et la vitesse à laquelle un véhicule trouve un deuxième puis un troisième propriétaire. Si la valeur résiduelle se tasse, le coût total de possession monte pour les loueurs et pour les acheteurs professionnels qui comptaient sur une sortie de parc fluide.

Le dossier renvoie aussi à un arbitrage fiscal déjà visible au Royaume-Uni. La mise en avant des EV de société a poussé certaines flottes vers des modèles premium très équipés, mais l’avantage en nature sur les voitures zéro émission doit encore remonter jusqu’à 9 % en 2029-2030. En parallèle, le marché de l’occasion semble déjà filtrer ces voitures par un autre critère : la capacité à rester revendable sans forte remise.

Le point clé pour les constructeurs est plus large que la seule technologie batterie. Brego et Fleetcheck décrivent des voitures chères, complexes et coûteuses à réparer, ce qui pèse davantage sur les acheteurs de deuxième ou troisième main. À l’inverse, des modèles moins chers et moins chargés en équipements peuvent mieux servir la profondeur du marché, parce qu’ils parlent à des clients qui cherchent un coût de possession lisible plutôt qu’un niveau d’options maximal.

Cette lecture rejoint un autre déplacement suivi par PureEV : la valeur d’un VE ne repose plus seulement sur l’autonomie annoncée ou la puissance affichée. Elle dépend aussi des preuves d’usage, de la conformité qui encadre la batterie et de la façon dont le véhicule garde un prix de sortie acceptable pour le marché de l’occasion. Les flottes arbitrent donc moins entre “thermique ou électrique” qu’entre “premium risqué” et “VE plus abordable, plus simple à revendre”.

Sources : Autocar