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Geely entre au capital de NIO Power

Geely ne se contente plus d’acheter des volumes ou de signer un accord technique avec NIO. Le groupe prend 30 % de NIO Power, apporte des actifs d’échange de batteries, ajoute 640 millions de yuans en numéraire, et obtient en face une place au capital de l’activité batterie et recharge de NIO.

Le montage change l’échelle du dossier. Il transforme un partenariat industriel en prise de participation croisée sur des actifs concrets, avec une valorisation post-money annoncée autour de 16 milliards de yuans pour NIO Power.

Un accord qui relie actifs, cash et gouvernance

Selon les termes annoncés le 27 septembre, une filiale de Geely apporte 100 % de Yiyi Internet Technology (Chongqing), société active dans le battery swapping pour la mobilité commerciale, ainsi que 640 millions de yuans en cash. En échange, Geely reçoit de nouvelles actions de NIO Energy Investment (Hubei), la filiale qui porte NIO Power.

À l’issue de l’opération, la filiale de Geely détiendrait 30,0 % de NIO Power. NIO China garderait 63,6 %, et l’investisseur Wuhan Guangchuang Emerging Technology Phase I Venture Capital Fund Partnership conserverait 6,4 %.

Le contrat prévoit aussi une option de montée au capital jusqu’à 34,0 % si Geely injecte encore 640 millions de yuans dans un délai de deux ans, ou avant une nouvelle levée de NIO Power. À l’inverse, la part de Geely pourrait être abaissée à un plancher de 20 % si certains jalons opérationnels ne sont pas atteints.

Le point important, ici, n’est pas seulement la taille de la prise de participation. C’est la nature des actifs échangés : des stations, des droits d’exploitation, une base d’utilisateurs et des flux de recharge, plutôt qu’un simple accord commercial.

Le swapping sort du seul terrain de NIO

Le dossier touche d’abord la mobilité commerciale. Yiyi Power travaille sur des services d’échange de batteries pour véhicules exploités en flotte. Cela place le sujet au croisement de la logistique, du temps d’immobilisation et de la gestion d’actifs batterie.

NIO et Geely disent aussi avoir des plans préliminaires pour étendre le battery swapping à des modèles grand public et à d’autres usages commerciaux. Mais ce volet reste à discuter. À ce stade, l’opération annoncée porte surtout sur des actifs existants et sur leur mise en commun.

Le groupe NIO avait déjà donné des repères opérationnels sur son réseau. Le 6 février 2026, il annonçait avoir franchi 100 millions d’échanges de batteries, avec 3 790 Power Swap Stations dans le monde à cette date. En août 2026, NIO indiquait aussi avoir dépassé les 4 000 stations d’échange en Chine, avec les premières stations de cinquième génération mises en service.

Dans ce cadre, la transaction avec Geely se lit comme une monétisation partielle d’un réseau déjà installé. NIO ne vend pas une promesse. Il fait entrer un partenaire industriel au capital d’un actif qu’il exploite déjà à grande échelle.

Ce que Geely achète vraiment

Geely n’achète pas seulement une part dans une filiale. Le groupe prend pied dans une infrastructure qui combine stations, logiciels, gestion de batterie et exploitation terrain. Il obtient aussi une position dans un actif qui peut servir à plusieurs usages : recharge rapide, swapping commercial, et à terme, selon les discussions, certaines applications grand public.

En parallèle, NIO China doit prendre 10 % de Haohan Energy, la filiale de Geely dédiée à la recharge. Cette partie du deal montre que les deux groupes cherchent à répartir leurs actifs de recharge de façon plus nette, avec un échange croisé sur plusieurs briques industrielles.

Ce schéma prolonge un accord signé le 29 novembre 2023 à Hangzhou. À l’époque, NIO et Geely parlaient déjà de standards pour voitures particulières et véhicules commerciaux, de technologie de swapping et de gestion d’actifs batterie. La différence, en 2026, tient à la forme : on passe d’une coopération cadrée à une entrée directe au capital de sociétés précises.

Pour Geely, l’intérêt est clair. Le groupe ne dépend plus seulement d’un accès externe à l’infrastructure de NIO. Il prend une position dans l’actif, dans les revenus potentiels et dans les décisions d’exécution.

Pourquoi le marché regardera l’exécution, pas le communiqué

Le deal donne un prix implicite à l’activité battery swapping de NIO Power. Mais le marché va surtout regarder trois points : la cadence d’ouverture des stations, le taux d’usage réel et la capacité à faire fonctionner plusieurs standards de batterie sans alourdir les coûts d’exploitation.

Le mécanisme d’ajustement prévu dans l’accord compte autant que la participation initiale. Si les jalons ne sont pas atteints, la part de Geely baisse. Autrement dit, la gouvernance reste liée à des résultats d’exploitation, pas à une simple signature.

Pour NIO, l’accord apporte du cash, un partenaire de taille et une validation externe de son réseau. Pour Geely, il sécurise un point d’entrée dans un actif de swapping et de recharge qu’il peut relier à ses propres plans produits. Reste maintenant à voir si cette architecture produit une vraie montée en charge sur les flottes, puis sur le marché grand public.