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Dès 2026, CATL équipe des milliers de VE en sodium-ion

CATL, le géant chinois des batteries, lance la production de masse de ses accumulateurs sodium-ion. Des milliers de véhicules électriques sont attendus dès 2026, et un système de stockage est déjà opérationnel. Cette offensive redéfinit la dépendance au lithium, offrant une alternative plus abordable et performante par temps froid. Elle impose une nouvelle dynamique : celle d’un écosystème énergétique à double chimie.

L’hégémonie du lithium-ion dans les véhicules électriques vacille. CATL, leader mondial des batteries, bascule du prototype à la production de masse avec une alternative stratégique : le sodium-ion. Des milliers de VE sont attendus sur les routes dès 2026, et un système de stockage est déjà opérationnel. Ce déploiement rebat les cartes de la transition énergétique, marquant une rupture géopolitique et économique majeure.

CATL anticipe l’équipement de 10 000 à 20 000 véhicules électriques avec ses batteries sodium-ion d’ici fin 2026. Le Changan Nevo A06, développé avec Changan Automobile, sera le premier véhicule de tourisme de série à adopter cette chimie dès mi-2026. Parallèlement, le système de stockage d’énergie TENER Sodium, lancé en juin, vise 1 GWh d’expéditions en Chine avant un déploiement mondial l’an prochain.

Le sodium-ion, une réalité industrielle

Ce virage répond à une nécessité. Les batteries lithium-ion, bien qu’efficaces, subissent la volatilité des prix et la criticité de matériaux comme le lithium, le cobalt ou le nickel, dont l’approvisionnement reste concentré. Ces tensions géopolitiques et économiques ont poussé l’industrie à chercher une alternative, notamment pour les véhicules d’entrée de gamme et les performances par temps froid, où les LFP montrent des limites. CATL a investi près de 1,2 milliard d’euros et dix ans de R&D depuis 2016 pour atteindre ce seuil d’industrialisation.

L’engagement de CATL impose un « écosystème à double chimie » où sodium-ion et lithium-ion ne sont pas concurrents mais complémentaires. Cette approche adresse des segments de marché différents, des VE urbains abordables aux solutions de stockage stationnaire. Elle promet des véhicules moins chers, une performance accrue en hiver et une sécurité opérationnelle renforcée, diversifiant ainsi les chaînes d’approvisionnement. Cette diversification par le coût et la performance renforce l’accès à l’électrique, déjà porté par les modèles d’entrée de gamme et les dispositifs de financement public. Le lancement de la marque Naxtra en 2025 a marqué cette transition de la recherche à une commercialisation agressive.

La Chine dicte le tempo mondial

L’essentiel de la capacité de production de batteries sodium-ion se concentre en Chine, avec plus de 95 % des usines installées ou annoncées d’ici 2030. Des acteurs comme BYD ou HiNa Battery Technology sont actifs, mais CATL impose le rythme. Cette prépondérance chinoise crée une nouvelle dépendance pour les marchés occidentaux, malgré des initiatives européennes (Faradion, Tiamat) et nord-américaines (Natron Energy). L’industrie avait initialement écarté le sodium-ion en raison de sa densité énergétique inférieure, un obstacle que les progrès de CATL, atteignant 160 Wh/kg, commencent à lever.

La viabilité économique du sodium-ion dépendra désormais d’économies d’échelle massives et de la maturation de nouvelles chaînes d’approvisionnement. L’enjeu reste de rivaliser sur le prix avec un lithium-ion dont les coûts ont été optimisés sur des décennies. Si CATL parvient à imposer ce standard, il ne s’agira pas seulement d’une diversification matérielle, mais d’une redéfinition de l’accès à la mobilité électrique. Les VE deviendront plus accessibles et moins sensibles aux soubresauts des marchés des matières premières. La question n’est plus si le sodium-ion va émerger, mais à quelle vitesse il va s’imposer.

Pourquoi c’est importantL’intégration des batteries sodium-ion par CATL bouleverse la donne économique et stratégique. Elle réduit la pression sur les prix du lithium et des autres matériaux critiques, offrant une plus grande stabilité aux constructeurs automobiles et aux opérateurs de réseaux. Pour les consommateurs, cela promet des véhicules électriques plus abordables, notamment sur les segments d’entrée de gamme, et une fiabilité améliorée par temps froid. Cette diversification renforce la résilience des chaînes d’approvisionnement énergétiques face aux chocs géopolitiques.

À retenir

  • CATL prévoit 10 000 à 20 000 VE équipés de sodium-ion d’ici fin 2026.
  • Le Changan Nevo A06 sera le premier VE de série avec cette technologie dès mi-2026.
  • Le système de stockage TENER Sodium vise 1 GWh d’expéditions cumulées fin 2026.
  • CATL a investi 1,2 milliard d’euros et 10 ans en R&D sur le sodium-ion.
  • La Chine détient plus de 95 % de la capacité mondiale de production de sodium-ion.
  • La densité énergétique de la première génération CATL atteignait 160 Wh/kg.