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BYD prépare une usine en France ou Espagne et évite les tarifs

Le géant chinois BYD est sur le point de choisir l’Espagne ou la France pour implanter sa deuxième usine européenne de véhicules électriques. Cette décision stratégique vise à contourner les droits de douane de l’UE et à accélérer sa présence sur le continent. L’offensive industrielle de BYD met sous pression les constructeurs historiques et force une redéfinition des équilibres industriels européens.

BYD s’apprête à désigner l’Espagne ou la France pour sa deuxième usine européenne. Cette décision va bien au-delà d’une simple expansion industrielle : elle constitue une riposte stratégique directe aux barrières commerciales de l’UE, érigeant la production locale en arme ultime pour un ancrage durable sur le continent.

Alfredo Altavilla, conseiller spécial de BYD pour l’Europe, l’a confirmé à Francfort : la décision interviendra « très prochainement ». BYD privilégie l’acquisition d’un site existant, une usine « brownfield », plutôt qu’une construction neuve. Ce choix accélère son déploiement industriel, évitant les longs délais des projets « greenfield », à l’image de Szeged en Hongrie, dont la production de masse a été décalée d’un an.

BYD contourne les tarifs européens

Cette implantation répond directement aux mesures protectionnistes de Bruxelles. L’Union Européenne a imposé des surtaxes sur les VE chinois, portant les droits de douane à 27,4% pour BYD. Ce coût érode la compétitivité sur un marché déjà sous forte pression. Produire localement permet au constructeur de s’affranchir de ces surcoûts, protégeant marges et compétitivité. Comme nous l’avons déjà analysé avec l’ultimatum de l’UE à Pékin, cette stratégie de « Build Where You Sell » sécurise les marchés clés face aux risques commerciaux et maintient une offre agressive.

Cette offensive industrielle rapide en Europe accentue la pression sur les constructeurs historiques du continent. Le marché européen, déjà marqué par une surcapacité de production et une guerre des prix féroce, voit ses marges se réduire drastiquement. Des acteurs comme Volkswagen réévaluent leurs stratégies, envisageant même l’importation de VE conçus en Chine pour maintenir leur compétitivité et sauver des usines européennes. Cette reconfiguration force les restructurations nécessaires et redessine les alliances industrielles.

BYD ne part pas de zéro sur le continent. Sa première usine de voitures particulières en Hongrie a démarré sa production d’essai, et le groupe exploite déjà une usine de bus électriques depuis 2016. Les chiffres de vente confirment cette progression rapide : les livraisons de BYD en Europe ont bondi de 270% en 2025, dépassant les 188 000 véhicules, et ont doublé sur les cinq premiers mois de 2026. Dès juillet 2025, BYD surpassait déjà Tesla en part de marché européenne.

L’ancrage local, nouvelle norme industrielle ?

Au-delà des tarifs, cette localisation stratégique vise à bâtir une chaîne d’approvisionnement européenne complète et résiliente. L’objectif : réduire la dépendance aux importations, sécuriser les approvisionnements et s’aligner sur les exigences croissantes de contenu local des réglementations européennes, notamment pour les subventions ou incitations à l’achat. Produire au plus près des marchés devient un levier d’électrification, de marge et de souveraineté industrielle, comme l’illustre BMW avec l’iX5 aux États-Unis pour éviter les tarifs et consolider sa position.

Le choix final entre l’Espagne et la France dépassera la simple décision géographique. Il enverra un signal fort sur la capacité de ces nations à attirer et intégrer de nouveaux acteurs mondiaux, tout en gérant les tensions avec les constructeurs historiques. La question cruciale pour l’Europe sera d’accompagner ces investissements massifs sans fragiliser un écosystème historique déjà sous tension. L’ère de la délocalisation lointaine cède la place à une production de proximité, redéfinissant en profondeur la souveraineté industrielle et la compétitivité du continent.

Pourquoi c’est importantL’implantation de cette usine marque un tournant pour la politique industrielle européenne, poussant les gouvernements à repenser leurs stratégies d’attractivité face aux acteurs mondiaux. Pour les consommateurs, cela promet une offre de VE plus large et potentiellement plus abordable, mais aussi une accélération de la guerre des prix. Pour l’emploi et l’écosystème industriel, c’est une opportunité de reconversion et de création, mais aussi un défi majeur pour les usines existantes qui devront accélérer leur transformation.

À retenir

  • BYD privilégie une usine « brownfield » pour sa deuxième implantation européenne.
  • Production de masse à Szeged (Hongrie) décalée au T2 2026.
  • Les tarifs douaniers de l’UE pour BYD s’élèvent à 27,4% (10% standard + 17,4% additionnels).
  • Les ventes de BYD en Europe ont bondi de 270% en 2025, atteignant 188 000 véhicules.
  • En juillet 2025, BYD dépasse Tesla en part de marché européenne.
  • La part de marché des VE chinois en Europe a atteint près de 10% au T1 2026, avec BYD en tête.