BYD dépasse Tesla en Europe, la Chine s’industrialise
Le match européen de l’électrique bascule du seul produit vers l’industrialisation et le logiciel. Tesla recule tandis que les groupes chinois accélèrent : BYD devance Tesla en immatriculations pour le deuxième mois consécutif, Xpeng et GAC durcissent l’offensive prix/technologie, et Mercedes‑Benz prépare une riposte « premium accessible ». Parallèlement, Tesla mise sur l’autonomie et l’IA, sur fond de tensions sociales à Berlin et d’incertitudes réglementaires aux États‑Unis autour d’Elon Musk.
En février, BYD a devancé Tesla en Europe pour le deuxième mois consécutif : 17 954 immatriculations contre 17 664 pour Tesla.
Au‑delà de cet écart ponctuel, la dynamique annuelle s’élargit : le momentum européen de Tesla s’affaiblit tandis que la concurrence chinoise gagne en densité de gamme et en capacité de livraison.
Cette pression commerciale s’exprime sur deux axes : baisse des prix et accélération du contenu technologique. Xpeng a présenté une évolution de sa berline Mona M03, positionnée sous 20 000 € sur son marché, avec une autonomie accrue et une nouvelle puce pour améliorer la conduite assistée/automatisée.
GAC ajoute une dimension industrielle : il prévoit d’assembler en Autriche l’Aion UT, une compacte visant le segment de la Renault Mégane E‑Tech. Produire en Europe vise à réduire coûts d’accès (logistique, délais, exposition aux droits de douane), soutenir un positionnement prix agressif et gagner en acceptabilité locale.
Face à ce double mouvement (prix + localisation), les groupes historiques ajustent leur stratégie. Mercedes‑Benz vise l’« entrée de gamme premium » électrique : la bataille se concentre sur des véhicules plus accessibles, où les marges sont plus difficiles à défendre et où l’écart de coûts avec les Chinois est le plus sensible.
Tesla, de son côté, pivote sa communication vers l’autonomie et le « transport as a service ». Elon Musk a évoqué un véhicule « plus cool qu’un minivan » pour répondre à la demande de capacités passagers, tout en se montrant prudent sur la multiplication de nouveaux programmes véhicule, préférant se concentrer sur l’IA et les services.
Cette priorité se reflète dans les annonces d’Austin : Tesla et SpaceX ont présenté « Terafab », une fab de semi‑conducteurs chiffrée à 25 milliards de dollars, destinée à produire une puissance de calcul massive. Parallèlement, Tesla a déposé des plans d’extension de la Giga Texas, incluant un « Tesla North Campus », des infrastructures associées et un aménagement le long du Colorado River, suggérant une expansion multi‑bâtiments au‑delà des lignes automobiles.
Les fragilités de Tesla dépassent le commercial. En Allemagne, le principal syndicat de la Gigafactory de Berlin a dénoncé de possibles tentatives d’intimidation lors des élections du comité d’entreprise, point sensible dans un pays où la codétermination structure les relations sociales industrielles.
Aux États‑Unis, l’environnement politico‑réglementaire autour d’Elon Musk alimente l’incertitude : Margaret Ryan, responsable de l’enforcement à la SEC, a quitté son poste après six mois, sur fond de tensions internes liées à des dossiers visant des soutiens financiers de Donald Trump, dont Musk. Les risques de gouvernance et de perception deviennent un paramètre additionnel pour Tesla.
En toile de fond, la course à l’autonomie s’intensifie au‑delà de Tesla : Zoox (Amazon) étend son service de robotaxi, agrandit sa zone d’opération et prévoit le déploiement dans deux nouvelles villes américaines. Sur le transport routier lourd, l’électrification progresse : le logisticien néerlandais Simon Loos a commandé 75 Mercedes‑Benz eActros 600, portant sa flotte de poids lourds électriques à plus de 200 unités.
L’Europe devient un terrain de recomposition rapide : la compétition ne se joue plus seulement sur l’autonomie ou le design, mais sur la capacité à livrer vite, moins cher et à industrialiser localement. Pour Tesla, la pression combinée (perte de vitesse commerciale, tensions sociales, exposition politico‑réglementaire) renforce l’intérêt d’un pivot vers l’IA et les services, mais augmente le risque d’un décalage entre promesse technologique et performance de marché. Pour les groupes chinois et les constructeurs historiques, l’enjeu est de sécuriser des modèles économiques viables sur des segments plus accessibles, tout en préparant la prochaine vague — autonomie, robotaxis et chaîne de valeur du calcul.
L’Europe devient un terrain de recomposition rapide : la compétition ne se joue plus seulement sur l’autonomie ou le design, mais sur la capacité à livrer vite, moins cher, et à industrialiser localement. Pour Tesla, la pression combinée (perte de vitesse commerciale, tensions sociales, exposition politico‑réglementaire) renforce l’intérêt d’un pivot vers l’IA et les services, mais augmente aussi le risque d’un décalage entre promesse technologique et performance de marché. Pour les groupes chinois et les constructeurs historiques, l’enjeu est de sécuriser des modèles économiques viables sur des segments plus accessibles, tout en préparant la prochaine vague — autonomie, robotaxis, et chaîne de valeur du calcul.
- BYD devance Tesla en Europe en février (17 954 vs 17 664) pour le deuxième mois consécutif, avec un écart annuel qui se creuse.
- Xpeng renforce l’équation prix/tech avec une Mona M03 annoncée sous 20 000 € sur son marché, autonomie en hausse et nouvelle puce pour fonctions de conduite automatisée.
- GAC prévoit l’assemblage européen de l’Aion UT en Autriche pour abaisser les coûts d’accès au marché et soutenir un positionnement prix.
- Mercedes‑Benz prépare un EV « premium accessible », signe d’un déplacement de la concurrence vers des segments plus abordables et à marges contraintes.
- Tesla met l’accent sur l’IA : projet « Terafab » à 25 Md$ avec SpaceX et plans d’expansion de Giga Texas, tandis que l’entreprise fait face à des tensions sociales à Berlin et à un bruit réglementaire accru autour d’Elon Musk.
- Autonomie et électrification s’étendent au-delà des voitures particulières : Zoox élargit son réseau de robotaxis, Simon Loos dépasse 200 camions électriques avec une commande d’eActros 600.