BMW et Mercedes réorientent vers le niveau 2++ sous pression chinoise
BMW et Mercedes réduisent leurs ambitions sur le niveau 3 en Europe. Le niveau 2++ devient central, surtout en Chine.
BMW parle d’une équation économique défavorable ; Mercedes n’a pas reconduit son dispositif sur la S‑Class restylée. Les fonctions « hands‑off, eyes‑off » se heurtent à des conditions d’usage strictes, une adoption trop faible et des coûts élevés de technologie et de validation.
Les acheteurs ne veulent pas du niveau 3 comme critère d’achat : Renault observe une absence de traction commerciale en Europe. En Chine, au contraire, des aides avancées permettent de longs trajets sans intervention et poussent l’itération logicielle locale.
Le niveau 2++ reconfigure la concurrence. Les marques chinoises accélèrent ; les Européens craignent l’arrivée de véhicules importés équipés à grande échelle. Renault maintient un développement L3 pour 2028, mais la plupart des historiques se concentrent sur des L2 avancés, plus faciles à déployer et à homologuer.
L’homologation progresse lentement, mais les règles évoluent : la CEE‑ONU a validé de nouveaux standards pour certaines manœuvres sans confirmation explicite. Xpeng vise une arrivée en Europe d’ici la fin de l’année. Tesla cherche une validation néerlandaise pour son FSD « Supervised ». Les architectures « end‑to‑end » basées sur l’IA peinent à cadrer avec des normes déterministes et exigent des démonstrations spécifiques.
La bataille des données complique tout : corpus à adapter, droit européen et restrictions chinoises fragmentent les chaînes d’entraînement et multipliant les partenariats régionaux. La sécurité reste critique : des dysfonctionnements sont signalés en Chine et l’ETSC met en garde contre la confusion liée aux dispositifs qui exigent pourtant une vigilance constante.
Bilan : la trajectoire industrielle se scinde — un niveau 3 limité par sa complexité, et un niveau 2++ poussé par la concurrence sino‑américaine et l’évolution réglementaire. L’enjeu pour les Européens : ne pas être dépassés sur le logiciel et l’assistance avancée.
L’évolution vers le niveau 2++ sous pression chinoise pourrait redéfinir la concurrence mondiale et les stratégies des constructeurs européens.
- BMW et Mercedes réduisent leurs efforts sur le niveau 3.
- Le niveau 2++ devient un élément clé en Chine.
- Renault vise le niveau 3 pour 2028.
- L’homologation européenne évolue lentement.
- La sécurité d’usage et la gestion des données sont des enjeux critiques.