Accord franco-allemand: Renault plus exposé que Stellantis
Paris et Berlin ont présenté le 16 octobre un accord commun sur l’avenir de l’automobile européenne. Le texte combine une cible CO₂ de -90 % en 2035 avec des règles d’accès aux aides publiques qui favorisent les voitures électriques produites dans l’UE. Pour les constructeurs, le sujet n’est pas seulement politique : il touche le calendrier produit, les achats de composants et le choix des sites d’assemblage.
Le point le plus concret tient au seuil de contenu européen. Selon la lecture publiée par Le Monde, une voiture électrique devrait contenir 70 % de composants européens, hors batterie, pour rester éligible. Ce niveau est inférieur aux 75 % à 80 % réclamés par une partie de l’industrie française, mais il reste assez élevé pour obliger les groupes à revoir une partie de leur chaîne d’approvisionnement.
Dans cette grille, Stellantis part avec un avantage relatif. Le groupe produit déjà l’essentiel de ses véhicules vendus en Europe sur le continent, ce qui limite l’effort d’ajustement immédiat. Renault, lui, arrive avec une exposition plus forte à ses sites du Maroc et de Turquie, deux bases qui pèsent dans ses volumes et qui peuvent compliquer l’accès à certaines aides si le texte final reprend la logique annoncée.
Le risque pour Renault ne se limite pas à un débat de principe. Si le seuil de 70 % devient la règle, le groupe devra vérifier, modèle par modèle, quels véhicules passent encore le filtre européen et lesquels en sortent. Cela peut l’obliger à accélérer des achats de pièces en Europe, à déplacer une partie de l’assemblage ou à réserver certains modèles à des marchés où les aides publiques comptent moins dans l’équation commerciale.
L’autre sujet est celui des batteries. Le compromis évoque une montée en puissance du contenu “made in Europe” dans la batterie, avec des jalons qui doivent encore être confirmés dans le texte final. Pour les constructeurs, cela renvoie à des décisions lourdes sur les cellules, les contrats fournisseurs et les futures plateformes. À ce stade, l’accord donne surtout une direction : produire plus près du marché européen et prouver davantage l’origine des composants.