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En Corée, Tesla perd sur le FSD au tribunal et dans la rue

Les autorités sud-coréennes serrent l’étau autour du FSD de Tesla, entre refus judiciaire des remboursements et répression des dispositifs illégaux d’activation.

En Corée du Sud, Tesla encaisse deux revers presque en même temps. La police de Séoul a enregistré 80 conducteurs pour usage de dispositifs non autorisés permettant d’activer le Full Self-Driving sur des véhicules qui n’y avaient pas droit. Deux jours plus tard, le tribunal de district central de Séoul a rejeté la demande de propriétaires qui réclamaient l’annulation de leur achat FSD et le remboursement des sommes payées.

Le croisement des deux affaires compte autant que chacune prise séparément. D’un côté, des clients n’obtiennent pas gain de cause sur le terrain contractuel. De l’autre, l’usage réel du logiciel se heurte à l’application de la loi locale quand des conducteurs tentent de contourner les restrictions avec du matériel tiers.

Le tribunal ferme la porte au remboursement

La décision du 29 octobre porte sur des achats réalisés entre 2019 et 2022. Les plaignants soutenaient que Tesla leur avait vendu une fonction qui ne correspondait pas à ce qu’ils avaient payé, faute d’autonomie totale sans intervention humaine. La cour a rejeté cette lecture.

Selon les médias sud-coréens, les juges ont estimé que l’option FSD n’impliquait pas une promesse de conduite totalement autonome. Ils ont aussi retenu que Tesla avait déjà livré une partie des fonctions incluses dans le package. En pratique, la cour a donc séparé le nom commercial de l’option et l’obligation juridique de fournir un véhicule capable de se conduire seul dans toutes les situations.

Le point est important pour Tesla. La marque garde une marge de défense sur le terrain civil : vendre une option FSD ne vaut pas, en soi, engagement de niveau 5. Pour les acheteurs, la barre reste plus haute qu’une déception sur les performances attendues. Il faut démontrer une promesse contractuelle précise, et pas seulement un écart entre l’intitulé du produit et l’usage imaginé.

La police vise les usages non autorisés

Le dossier ne s’arrête pas au tribunal. Le 27 octobre, la police métropolitaine de Séoul a annoncé avoir enregistré 80 personnes pour usage de dispositifs d’activation illégaux et saisi 21 appareils. Les enquêteurs visent des boîtiers ou modules de type “jailbreak” qui débloquent des fonctions FSD sur des voitures non autorisées à les utiliser en Corée du Sud.

Ce volet change la nature du sujet. On ne parle plus seulement d’une promesse commerciale discutée devant un juge. On parle aussi d’un contournement actif d’un cadre local de conformité. Le ministère coréen des Transports avait déjà prévenu au printemps 2026 que l’activation non autorisée pouvait tomber sous le coup du Motor Vehicle Management Act, avec un risque pénal lié à la modification de dispositifs ou de logiciels affectant la sécurité du véhicule.

Pour les autorités, l’affaire n’est donc pas un simple litige d’abonnement logiciel. Elle touche à la conformité du véhicule en circulation et à l’usage de fonctions d’aide à la conduite hors du cadre prévu par le constructeur et par le droit local. Les conducteurs ne peuvent pas réclamer une autonomie totale au tribunal, puis contourner les règles techniques par un boîtier tiers.

Un signal pour Tesla et pour le marché

Ce double front limite la marge d’usage du FSD en Corée du Sud. Tesla fait face à un environnement où la justice refuse de transformer le nom du produit en garantie d’autonomie intégrale, tandis que la police traite l’activation non autorisée comme une infraction autonome. Les propriétaires perdent donc sur les deux tableaux : pas de remboursement automatique, et pas de raccourci technique pour débloquer les fonctions.

Le cas coréen compte aussi pour d’autres marchés. Il montre que la bataille autour du FSD ne se joue pas seulement sur les capteurs, les cartes ou les mises à jour logicielles. Elle se joue aussi sur la preuve commerciale, la qualification juridique de l’option vendue et la capacité des autorités à empêcher l’usage de dispositifs tiers.

Reste une question simple : si le nom du produit ne crée pas une obligation de conduite autonome complète, et si les détours techniques tombent sous le coup de la loi, quelle place réelle Tesla laisse-t-elle au FSD dans un pays qui ferme les deux portes à la fois ?