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L’UE franchit 21,7% de voitures électriques, mais l’hybride garde la main

Les voitures 100% électriques ont franchi 21,7% du marché de l’Union européenne sur les huit premiers mois de 2026. Le chiffre, publié par l’ACEA le 24 septembre, place la BEV à 1 641 333 immatriculations, mais toujours derrière les hybrides, qui restent la première motorisation du bloc.

Le message de fond est simple : la demande électrifiée progresse, mais elle ne se concentre pas encore sur un seul type de groupe motopropulseur. Les hybrides captent 36,6% du marché, les hybrides rechargeables 10%, tandis que essence et diesel tombent ensemble à 29%.

La BEV avance, mais ne prend pas seule le relais

Le premier enseignement du bilan ACEA tient à l’écart entre volume et domination. Avec 21,7% de part de marché, l’électrique à batterie a dépassé son niveau de 2025, donné à 17,4% sur l’ensemble de l’année, et il a aussi progressé par rapport au premier semestre 2026, où l’ACEA affichait 20,7%.

Cette hausse montre que la voiture électrique s’installe dans les achats courants. Elle ne reste pas cantonnée à quelques marchés pionniers. En huit mois, la France a augmenté ses immatriculations de BEV de 74,2%, l’Allemagne de 53,1%, le Danemark de 40,9% et la Belgique de 13,1%.

Mais la BEV ne capte pas encore la plus grosse part de la demande électrifiée. Les hybrides occupent la première place à 36,6% du marché UE, ce qui confirme une préférence des acheteurs pour une transition par étapes plutôt que pour un passage direct au tout électrique.

Le vrai concurrent de la BEV reste l’hybride

Le détail des motorisations dit beaucoup sur les arbitrages des constructeurs. Les hybrides rechargeables montent à 10% du marché, contre 8,8% un an plus tôt. Les ventes d’hybrides progressent aussi dans plusieurs grands pays, avec +21% en Espagne, +20,5% en Italie, +5,2% en Allemagne et +1,8% en France.

Autrement dit, l’électrification ne suit pas une seule trajectoire. Les clients européens achètent encore des véhicules qui gardent un moteur thermique en appoint, surtout quand les aides, la fiscalité ou le prix d’achat poussent dans cette direction. Pour les constructeurs, cela oblige à calibrer l’offre sur plusieurs technologies à la fois.

Le recul du thermique pur renforce ce constat. Essence et diesel tombent à 29% du marché en cumul, contre 37,5% un an plus tôt. L’essence reste à 21,7% du marché, soit exactement le même niveau que la BEV, tandis que le diesel glisse à 7,3%.

Les écarts pays par pays comptent plus que le chiffre européen

Le chiffre UE masque des trajectoires très différentes selon les marchés. Côté BEV, la France et l’Allemagne tirent la progression, alors que la Belgique avance plus lentement. Côté hybrides, l’Espagne et l’Italie montrent une vitesse de diffusion plus forte que la France, où la hausse reste limitée à 1,8%.

Ces écarts renvoient à des choix locaux très concrets : fiscalité, niveau des aides, prix de l’énergie, offre des marques et rythme de renouvellement des flottes. L’ACEA insiste d’ailleurs sur le rôle des mesures de soutien, de l’élargissement de l’offre et d’un environnement économique encore tendu.

Pour les industriels, le signal est double. D’un côté, le 100% électrique franchit un seuil de masse qui pèse sur les chaînes d’approvisionnement, les batteries et la recharge. De l’autre, l’hybride reste l’option la plus vendue, ce qui prolonge la cohabitation de plusieurs architectures sur les mêmes marchés.

Cette publication prolonge un fil déjà visible chez PureEV : la question n’est plus seulement de savoir si l’électrique progresse, mais à quel rythme les différentes formes d’électrification se partagent la demande. La BEV monte, mais l’hybride garde l’avantage dans l’UE. Le prochain point à surveiller sera simple : la croissance des électriques à batterie va-t-elle continuer à prendre des parts à l’hybride, ou bien le marché européen va-t-il installer durablement ce partage à plusieurs vitesses ?