Bentley renonce à un calendrier EV fixe et mise sur la flexibilité
Bentley a abandonné sa trajectoire qui visait une gamme 100 % électrique à horizon 2030. Dans des propos publiés le 23 septembre 2026, le constructeur dit désormais ne plus pouvoir fixer une nouvelle date de fin de transition et met en avant l’évolution des marchés, un progrès jugé trop lent des technologies et des infrastructures, ainsi qu’une demande client très variable selon les régions.
Le message est clair : la marque premium remplace un calendrier unique par une stratégie plus souple. Frank-Steffen Walliser explique que Bentley veut garder des lignes capables d’assembler, à l’avenir, des électriques et des hybrides rechargeables sur les mêmes sites, afin d’ajuster la production plus vite aux ventes et aux règles locales.
Ce choix change la lecture industrielle du dossier. Chez Bentley, la flexibilité ne sert pas seulement à communiquer sur une prudence stratégique ; elle devient un outil pour piloter le coût de la preuve. La marque doit prouver qu’un BEV peut tenir le niveau de raffinement attendu, rester rentable, et s’insérer dans une chaîne d’approvisionnement stable malgré les délais de développement et les contraintes d’homologation.
Le constructeur avance aussi un autre repère : ses délais de développement sont descendus à 48 mois, et l’objectif est de passer à 36 mois, au niveau de Volkswagen. Ce point compte autant que le calendrier EV lui-même. Plus le cycle produit se raccourcit, plus Bentley peut arbitrer tard entre BEV et PHEV selon la demande, les composants disponibles et les règles de marché.
La marque ne part pas de zéro. Son portefeuille vend déjà plusieurs hybrides rechargeables, ce qui lui donne une base intermédiaire pour absorber le décalage entre ambition électrique et réalité commerciale. En parallèle, Bentley maintient la présentation de son premier modèle 100 % électrique pour 2026, mais ce jalon ne suffit plus à définir toute la suite de la transition.
Cette annonce prolonge une séquence déjà amorcée en 2024, quand Bentley avait déjà retouché sa feuille de route pour viser une électrification complète du portefeuille en 2035 plutôt qu’en 2030. La différence, en 2026, tient au ton : la marque ne fixe plus une sortie définitive du thermique, et organise son industrie autour d’options réversibles.
Le dossier dit finalement quelque chose du premium européen : plus le produit est cher et plus la marge dépend d’un niveau élevé d’exécution, plus le calendrier de l’électrification se négocie avec l’usine, les fournisseurs et la demande réelle. Bentley fait aujourd’hui de cette souplesse un sujet de production, pas seulement de communication.
Sources : Autocar, Bentley Motors