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Hyundai intègre le smart charging dans ses apps

Hyundai ne confie plus le pilotage de la recharge à un opérateur externe visible par l’automobiliste. Le groupe l’intègre dans ses propres applications, avec Kaluza en moteur logiciel, d’abord au Royaume-Uni puis, à terme, dans d’autres marchés.

Le choix compte plus que le seul lancement. En plaçant la logique de recharge intelligente dans l’app Kia puis dans les plateformes digitales Hyundai, le constructeur garde la main sur l’usage quotidien, sur la donnée et sur la relation client. C’est aussi la première marche avant le V2G, annoncé pour 2027 par Kaluza.

Le Royaume-Uni sert de terrain d’exécution

Hyundai Motor Group a annoncé le 12 août le lancement d’AllDayEnergy, sa marque de services V2X. Le service démarre au Royaume-Uni au second semestre 2026, avec un premier usage centré sur le smart charging V1G : la voiture charge quand l’électricité coûte le moins cher et, selon Hyundai, quand elle émet moins de carbone.

Le point clé n’est pas seulement tarifaire. La fonction arrive dans l’interface que le conducteur utilise déjà, ce qui réduit les étapes entre l’achat du véhicule, la configuration et l’usage réel. Kaluza parle d’une intégration native dans la Kia App et dans les plateformes digitales Hyundai, ce qui évite de dépendre d’un tableau de bord tiers ou d’un boîtier ajouté après coup.

OVO sert de premier partenaire énergie au Royaume-Uni. Kia UK confirme dans ses pages d’assistance que le service est intégré à la Kia App et que certains utilisateurs passent encore par une phase de test. Ce détail montre que le projet avance par déploiement progressif, pas par bascule immédiate sur tout le parc.

La vraie rupture se joue dans l’app du constructeur

Le marché connaît déjà des offres de smart charging. Mais Hyundai change la place du service dans la chaîne d’usage. Ici, la fonction n’est pas portée d’abord par le fournisseur d’énergie ni par un opérateur de borne : elle entre dans l’environnement numérique de l’OEM.

Ce point peut paraître technique. Il est pourtant central. Quand le constructeur contrôle l’app, il contrôle aussi l’activation du service, l’expérience client, les mises à jour et les données d’usage utiles pour faire évoluer l’offre. Pour un conducteur, le pilotage de charge devient une fonction du véhicule, pas un ajout périphérique.

C’est aussi un levier industriel. Une intégration native se réplique plus vite qu’un montage local à chaque pays. Hyundai et Kaluza peuvent donc standardiser le socle logiciel, puis brancher des partenaires énergie différents selon les marchés. Le communiqué Hyundai parle d’un passage du Royaume-Uni vers l’Europe, les États-Unis et la Corée. Kaluza cite le Royaume-Uni puis l’Australie avant une montée en charge plus large. La séquence géographique n’est pas identique d’un texte à l’autre, ce qui laisse voir un calendrier encore ajusté.

Le V2G dépendra de cette base utilisateur

Le V2G reste la partie la plus exigeante du dossier. Pour renvoyer de l’énergie vers le réseau, il faut des véhicules compatibles, des accords de marché, des règles techniques et des clients prêts à accepter une gestion plus active de leur batterie. Hyundai semble commencer par le V1G pour installer l’habitude, puis préparer le V2G et le V2H.

Kaluza évoque un horizon 2027 pour cette phase bidirectionnelle. Cela donne un délai clair : le succès du smart charging ne se mesurera pas seulement au nombre de voitures connectées, mais à la capacité du constructeur à transformer un service de recharge optimisée en outil de flexibilité réseau.

Le Royaume-Uni offre un terrain favorable pour ce test. Les tarifs dynamiques, les offres couplées à l’énergie et les services déjà connus des conducteurs facilitent l’adoption. Mais le vrai enjeu reste ailleurs : si Hyundai réussit à faire de l’app constructeur le point d’entrée de la charge intelligente, alors le smart charging peut passer d’un service périphérique à une fonction native du véhicule, avec une marche plus courte vers le V2G.

Cette annonce prolonge les travaux déjà visibles chez d’autres constructeurs, mais elle pousse plus loin l’intégration logicielle côté OEM. Le dossier ne porte donc pas seulement sur la recharge moins chère. Il pose une question plus large : qui tient l’interface entre la voiture, l’énergie et le client final ?