La France bloque le FSD de Tesla et exige une homologation européenne
La France refuse d’autoriser le système « Full Self-Driving (Supervised) » (FSD) de Tesla « en l’état actuel », a déclaré le 22 juillet 2026 le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Cette décision est motivée par deux points : le système permet aux conducteurs de dépasser les limitations de vitesse et ne garantit pas une attention suffisante en milieu urbain ou lors de manœuvres complexes. Paris rejette ainsi l’approbation nationale accordée par les Pays-Bas et demande une homologation à l’échelle de l’Union européenne.
Cette position française met en évidence le décalage entre les avancées des systèmes d’aide à la conduite (ADAS) et les exigences réglementaires européennes. Elle souligne la nécessité de preuves de sécurité et de conformité pour la commercialisation des technologies de conduite autonome, même pour un système de niveau 2 comme le FSD (Supervised). La demande d’une approbation paneuropéenne, plutôt qu’une validation nationale, ralentit le déploiement du FSD en Europe et influence les discussions sur une harmonisation réglementaire des systèmes automatisés.
Le 10 avril 2026, l’autorité néerlandaise des véhicules (RDW) avait accordé la première homologation de type pour le FSD (Supervised) dans l’UE, permettant son déploiement aux Pays-Bas. D’autres pays comme le Danemark et la Lituanie ont également approuvé des tests ou une disponibilité limitée. Cependant, cette certification néerlandaise est provisoire. Dès mai 2026, des régulateurs suédois, finlandais, danois et norvégiens avaient exprimé des réserves, citant des problèmes de vitesse et de distraction. La Suède avait recommandé de voter contre le FSD au niveau de l’UE si la fonction « Speed Offset » (décalage de vitesse) n’était pas retirée.
Le cadre réglementaire européen s’appuie sur les règlements de l’UNECE, notamment le UN R157 pour les systèmes de maintien de voie automatisés (ALKS) de niveau 3, et le UN R171 pour les systèmes d’assistance au contrôle du conducteur (DCAS) de niveau 2. Un vote sur l’approbation du FSD (Supervised) à l’échelle de l’UE est prévu le 6 octobre 2026 lors d’une réunion du Comité technique des véhicules à moteur (TCMV). Une telle approbation requiert le soutien de 15 États membres représentant 65 % de la population de l’UE.
Le déploiement des Robotaxi de Tesla, comme le Cybercab, dépend directement de l’avancement du FSD. À la mi-2026, le service de robotaxi de Tesla à Austin, Dallas et Houston comptait entre 20 et 39 véhicules sans conducteur, un chiffre modeste comparé à Waymo. La croissance de cette flotte attend la version FSD v15, prévue pour fin 2026 ou début 2027, et fait face à des obstacles réglementaires, tels que les exigences FMVSS pour les véhicules sans volant. Parallèlement, les incitations commerciales, comme les remises de 4 000 $ pour les véhicules électriques dans l’Illinois, ont provoqué une augmentation de 50 % des immatriculations au T1 2025, soulignant que les volumes dépendent aussi des leviers de demande.
Sources : Electrek