La règle américaine Connected Vehicle force Polestar à partir en 2027
Polestar quitte le marché américain des véhicules neufs après 2027, une expulsion dictée par la régulation « Connected Vehicle Rule ». Cette mesure, visant les constructeurs liés à la Chine, force la marque suédo-chinoise à un repositionnement stratégique majeur. L’épisode révèle une fragmentation croissante du marché BEV mondial, où même la production locale ne suffit plus.
Le marché américain vient de fermer ses portes à Polestar, non par échec commercial, mais par décret géopolitique. La marque de véhicules électriques, majoritairement détenue par le groupe chinois Geely, retire ses ventes de véhicules neufs aux États-Unis après l’année modèle 2027. Cette décision découle de l’application d’une législation fédérale qui redéfinit, par la force, l’accès au premier marché mondial.
Le « Connected Vehicle Rule », promulgué en 2025 par le Département du Commerce des États-Unis, interdit la vente de tout véhicule connecté fabriqué par des entreprises sous contrôle chinois ou russe. Malgré ses racines suédoises et l’assemblage local de son Polestar 3 en Caroline du Sud, la structure actionnariale de Polestar, dominée par Geely, la place sous cette interdiction, lui fermant le marché.
Une application réglementaire à géométrie variable
Le cas Polestar se complexifie avec la situation de Volvo. Également sous Geely, le constructeur suédois a obtenu en mai 2026 l’autorisation de poursuivre ses ventes aux États-Unis. Cette distinction, malgré une parenté industrielle et actionnariale évidente, révèle l’arbitraire des critères d’application du « Connected Vehicle Rule » et la marge d’interprétation des régulateurs. Elle crée une fragmentation réglementaire imprévisible.
L’impact commercial immédiat de ce retrait reste paradoxalement circonscrit pour Polestar. Le marché américain ne représentait que 6% de ses volumes de ventes au premier trimestre 2026. L’Europe, en revanche, concentrait près de 80% de ses livraisons au détail, une base solide pour une réorientation stratégique accélérée.
L’Europe, nouveau pivot stratégique
L’expulsion force Polestar à un pivot stratégique majeur : l’entreprise réoriente ses efforts vers l’Europe. Elle prévoit d’y étendre son réseau de vente et d’y localiser la fabrication de ses futurs modèles. Le Polestar 7, par exemple, est attendu en production en Europe dès 2028, marquant une volonté d’ancrage régional et de résilience face aux barrières commerciales.
Ce pivot stratégique implique que des modèles phares comme les Polestar 5 et 6 ne franchiront jamais l’Atlantique pour le marché américain. L’épisode Polestar illustre comment les tensions géopolitiques se matérialisent en obstacles directs à l’accès aux marchés. Il contraint les constructeurs à des arbitrages industriels et commerciaux majeurs, bien au-delà des seules considérations économiques ou technologiques. Il redessine la carte de l’industrie BEV mondiale.
Pourquoi c’est importantLe cas Polestar établit un précédent clair : les réglementations géopolitiques peuvent désormais dicter les stratégies d’accès au marché, même pour des marques avec une production locale. Cela force les constructeurs à réévaluer la résilience de leurs chaînes d’approvisionnement mondiales et à accélérer les stratégies de régionalisation. L’industrie des véhicules électriques doit désormais intégrer un nouveau facteur de risque, celui de la fragmentation réglementaire, qui peut invalider des investissements stratégiques à long terme.
À retenir
- Polestar cesse la vente de nouveaux véhicules aux États-Unis après l’année modèle 2027.
- La décision découle du « Connected Vehicle Rule » américain, visant les entreprises liées à la Chine.
- Volvo, également détenue par Geely, a obtenu une autorisation pour ses ventes aux États-Unis.
- Le marché américain ne représentait que 6% des ventes de Polestar au T1 2026.
- Polestar relocalisera la production de futurs modèles, comme le Polestar 7, en Europe dès 2028.
- Les modèles Polestar 5 et 6 ne seront pas commercialisés sur le marché américain.