Stellantis investit 60 milliards : l’IA et les LFP pour défier Tesla
Stellantis déploie 60 milliards d’euros pour une refonte électrique radicale. Le groupe parie sur l’abordabilité des batteries LFP et une IA de conduite autonome, contestant directement la domination de Tesla. Une offensive stratégique pour redéfinir le marché.
Stellantis défie frontalement Tesla et les constructeurs chinois. Un plan d’investissement de 60 milliards d’euros sur cinq ans refonde son offre électrique autour de deux piliers : des véhicules plus accessibles via les batteries lithium-fer-phosphate (LFP) et une IA de conduite autonome « AI-first », conçue pour rivaliser directement avec les systèmes existants, notamment celui de Tesla.
Baptisé « FaSTLAne 2030 », ce plan va au-delà d’une simple augmentation de volumes. Il prévoit 29 nouveaux véhicules électriques et 15 hybrides d’ici 2030, refondant entièrement la gamme. L’objectif : accélérer croissance et rentabilité sur l’électrique, le logiciel embarqué et l’autonomie, des secteurs où le groupe accusait un retard notable.
Les batteries LFP : pilier de l’électrique abordable
La stratégie LFP devient le pilier de l’abordabilité. Stellantis et CATL investissent 4,1 milliards d’euros dans une gigafactory LFP en Espagne, visant 50 GWh de production fin 2026. Parallèlement, la coentreprise StarPlus Energy LLC avec Samsung SDI reçoit 7,54 milliards de dollars du gouvernement américain pour deux usines LFP en Amérique du Nord. Ces initiatives sécurisent l’approvisionnement et permettent la production de modèles à coûts maîtrisés sur deux marchés cruciaux.
Ce choix des batteries LFP rompt avec l’approche historique de l’industrie, traditionnellement focalisée sur des chimies plus denses et plus onéreuses. Moins chères à produire et plus durables, ces batteries permettent à Stellantis de cibler des segments de marché où l’électrique stagne à cause de prix dissuasifs. C’est un positionnement clair pour le volume et la démocratisation de l’électromobilité, se distinguant des concurrents premium et des acteurs chinois.
L’IA : nouvelle bataille pour la conduite autonome
Parallèlement, Stellantis entre dans la course à la conduite autonome en s’associant à la startup britannique Wayve. Le groupe intégrera un logiciel de conduite basé sur l’IA à la plateforme STLA AutoDrive. Cette technologie promet une capacité de conduite automatisée supervisée de niveau 2++ (mains libres, yeux attentifs) sur autoroute et en ville, avec une première intégration dans des véhicules nord-américains dès 2028.
L’approche « AI-first » de Wayve se distingue par sa capacité à apprendre des situations de conduite réelles, s’affranchissant des règles préprogrammées. Cette méthode est explicitement conçue pour concurrencer le Full Self-Driving (FSD) de Tesla, promettant adaptabilité et évolutivité. Stellantis ne cherche pas seulement à combler son retard, mais à imposer une alternative technologique crédible face aux leaders du secteur.
Ce double mouvement – investissement massif dans les LFP pour l’abordabilité et développement d’une IA de pointe pour l’autonomie – révèle une stratégie agressive. Stellantis refuse désormais le rôle de suiveur dans l’électrique ; le groupe ambitionne de façonner le marché avec une proposition de valeur distincte. Le succès de cette transformation dépendra de l’exécution simultanée de chantiers technologiques et industriels complexes, tout en gérant la transition de sa gamme thermique.
- Stellantis investit 60 milliards d’euros sur cinq ans dans son plan « FaSTLAne 2030 ».
- 29 nouveaux véhicules électriques et 15 hybrides sont prévus d’ici 2030.
- Une gigafactory LFP en Espagne (avec CATL) vise 50 GWh de capacité d’ici fin 2026.
- Deux usines LFP en Amérique du Nord (avec Samsung SDI) bénéficient d’un soutien de 7,54 milliards de dollars.
- Le partenariat avec Wayve cible une conduite autonome de niveau 2++ pour 2028 en Amérique du Nord.
- La technologie Wayve utilise une approche « AI-first » pour concurrencer le FSD de Tesla.