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BYD rachète des usines européennes : l’offensive chinoise qui force la main des constructeurs

BYD accélère son expansion européenne en ciblant l’acquisition d’usines sous-utilisées, notamment chez Stellantis. L’objectif : produire localement, contourner les barrières commerciales. Cette manœuvre expose la fragilité des constructeurs européens face à leur surcapacité industrielle.

BYD ne se contente plus d’ériger ses propres usines en Europe : le constructeur chinois vise désormais l’acquisition directe d’installations sous-utilisées chez les acteurs historiques. Stellantis et d’autres groupes européens font face à un dilemme inédit : céder leurs capacités excédentaires à un rival direct. L’offensive asiatique mute d’une concurrence frontale à une emprise industrielle directe sur le continent.

Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, a confirmé ces pourparlers à Londres. Stellantis et d’autres groupes européens sont concernés. BYD veut reprendre des installations existantes pour les opérer de manière autonome. Le constructeur privilégie une maîtrise totale de ses outils industriels, écartant toute coentreprise pour son développement européen.

Surcapacité européenne : une aubaine pour BYD ?

Cette manœuvre de BYD exploite la surcapacité industrielle européenne. De nombreux constructeurs réévaluent leurs outils de production face à une demande fluctuante et une pression concurrentielle accrue. La production de Stellantis en Italie a chuté de 22,9 % en 2025 et de 35,5 % au premier trimestre 2026, une baisse qui illustre la difficulté à maintenir l’activité sur certains sites.

L’offre de BYD n’est pas une simple opportunité, mais un dilemme stratégique majeur pour les constructeurs européens. Vendre des actifs sous-utilisés soulagerait leurs finances et éviterait des restructurations coûteuses. Mais cela renforcerait un concurrent direct, lui donnant la capacité de produire localement des véhicules électriques à des prix agressifs, menaçant directement leurs parts de marché.

Cette stratégie s’aligne sur l’ambition de BYD de produire en Europe l’intégralité des véhicules qu’il y vend d’ici 2028. Le groupe développe déjà deux usines sur le continent, en Hongrie et en Turquie. L’usine hongroise a d’ailleurs démarré sa production d’essai en janvier 2026, la série étant attendue dès le deuxième trimestre.

Souveraineté industrielle : l’Europe face à son destin ?

L’acquisition d’usines existantes permettrait à BYD de s’affranchir rapidement des barrières douanières et réglementaires européennes. Elle garantirait un accès immédiat à une main-d’œuvre qualifiée et à des infrastructures opérationnelles. Cet ancrage industriel chinois accéléré en Europe pose des questions de souveraineté économique et de la capacité des constructeurs locaux à maintenir leur leadership technologique et commercial.

Pourquoi c’est importantLa stratégie de BYD contraint les constructeurs européens à un choix difficile : céder des actifs à un rival pour alléger leurs coûts, ou maintenir des capacités excédentaires coûteuses. Pour les régulateurs, l’implantation de BYD via des usines existantes complexifie les débats sur la concurrence et les subventions. Cela pourrait aussi accélérer la consolidation du secteur automobile européen, les acteurs chinois devenant des employeurs majeurs sur le continent.

À retenir

  • BYD est en pourparlers avec Stellantis et d’autres constructeurs pour reprendre des usines européennes.
  • Stella Li (BYD EVP) a confirmé ces discussions le 13 mai 2026.
  • BYD privilégie une exploitation autonome des sites acquis, sans coentreprise.
  • La production de Stellantis en Italie a chuté de 35,5 % au premier trimestre 2026.
  • BYD vise à produire tous ses véhicules vendus en Europe sur le continent d’ici 2028.
  • L’usine BYD en Hongrie a commencé sa production d’essai en janvier 2026.