L’AIE exhorte l’Europe à accélérer l’électrification face à la Chine
L’Agence internationale de l’énergie souligne le retard de l’Europe dans l’électrification par rapport à la Chine, appelant à une diversification stratégique.
L’Europe n’a pas progressé dans l’électrification depuis dix ans. À Stockholm, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a souligné ce constat, le reliant à deux priorités : la sécurité d’approvisionnement et la prospérité économique.
Actuellement, la part de l’électricité dans l’énergie totale en Europe stagne à 20 %, inchangée depuis dix ans, alors que la Chine atteint 32 %. Dans un contexte de réindustrialisation et de tensions géopolitiques, cet écart devient un indicateur de compétitivité et de souveraineté.
Fatih Birol évoque une transition vers « l’ère de l’électricité », dont l’Europe devrait être un leader. Mais la dynamique actuelle ne suit pas ce rythme, alors même qu’il est nécessaire de renforcer les réseaux, les capacités de production bas carbone et les usages électriques.
Les récents signaux politiques montrent une transition sous pression. En décembre, l’Union européenne a renoncé à l’objectif d’interdire les voitures thermiques neuves à partir de 2035, après des arbitrages influencés par le secteur automobile et la position de Berlin, qui jugeait le calendrier trop serré. Sur le plan industriel, la faillite de Northvolt en mars 2025 a constitué un revers symbolique pour l’ambition européenne dans les batteries.
Dans ce contexte, l’AIE préconise la diversification comme stratégie clé. « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier », a déclaré Fatih Birol, en insistant sur la nécessité de multiplier les pays fournisseurs, les routes commerciales et les entreprises. Ce message s’inscrit dans l’analyse des vulnérabilités accumulées : dépendance au gaz russe, recul du nucléaire et retard de l’innovation dans les renouvelables face à la Chine.
Le nucléaire est aussi un marqueur de la compétition industrielle. Selon les données, 85 % des centrales nucléaires construites ces cinq dernières années l’ont été en Chine et en Russie, illustrant le déplacement des capacités de construction vers l’Est.
L’électrification est devenue un pivot industriel crucial, qui pèse sur la compétitivité des chaînes de valeur, la résilience énergétique et les objectifs climatiques. Le statu quo européen à 20 % révèle des difficultés à aligner politique industrielle, investissements dans les réseaux, production bas carbone et acceptabilité, tandis que la Chine progresse rapidement dans l’intégration des technologies et des capacités de production.
L’électrification est devenue un pivot industriel crucial, influençant la compétitivité des chaînes de valeur, la résilience énergétique et les objectifs climatiques. Le statu quo européen à 20% montre une difficulté à aligner politique industrielle, investissement dans les réseaux, production bas carbone et acceptabilité, tandis que la Chine progresse rapidement dans l’intégration des technologies et des capacités de production.
- La part de l’électricité en Europe reste à 20%, contre 32% en Chine.
- L’UE a abandonné l’objectif d’interdire les voitures thermiques neuves à partir de 2035.
- Northvolt a fait faillite en mars 2025, fragilisant l’ambition européenne sur les batteries.
- L’AIE appelle à diversifier fournisseurs, routes commerciales et dépendances industrielles.
- 85% des centrales nucléaires récentes ont été construites en Chine et en Russie.